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Parents : rester une équipe face aux troubles psychiques de son enfant


Comment rester soudés quand son enfant va mal ? Comment préserver son couple quand l’inquiétude prend toute la place ? Quand un enfant traverse des troubles psychiques, ses parents avancent entre espoir et épuisement. Chaque journée est rythmée par les rendez-vous médicaux, les doutes, les silences chargés de questions sans réponse. Parfois sans s'en rendre compte, l'amour s'efface un peu. La fatigue éloigne, l'impuissance crée des tensions. Mais il arrive aussi que ces épreuves rapprochent. Elles rappellent l’importance de rester ensemble, de se soutenir, même quand tout vacille. Pour mieux saisir ces moments de fragilité, Plein Espoir a rencontré Rachel et Josselin. À travers leurs témoignages, ils racontent comment ces épreuves ont bouleversé leur relation, mais aussi comment ils ont su rester unis et avancer ensemble.

Quand un enfant souffre, c’est tout l’équilibre de la famille qui est à réinventer. Et même un couple soudé, même un amour solide, peut se retrouver fragilisé face à cette épreuve. L’inquiétude prend toute la place, les pensées s’embrouillent, et les questions tournent en boucle : Pourquoi nous ? Qu’est-ce qu’on a mal fait ? Est-ce que c’est de notre faute ? Les moments légers deviennent rares, les conversations finissent toujours par revenir sur les mêmes sujets. Il faut dire que face à cette épreuve chacun réagit comme il peut, et que peu d’entre nous sont armés pour faire face à ces événements. Certains parents vont avoir besoin d’agir, de trouver des solutions. D’autres, vont instinctivement prendre du recul, comme pour garder la tête hors de l’eau. Et puis, il y a celles et ceux qui vont avoir du mal à affronter la réalité, épuisés, dépassés par la souffrance de leur enfant.

Dans ces moments-là, il est possible de se perdre un peu de vue. Pourtant, se rappeler qu’on forme une équipe reste essentiel, même si chacun réagit différemment, même si la relation s'effrite ou semble s’éloigner. Inutile d’attendre de grands gestes de son partenaire ou du co-parent. Mieux vaut s’accrocher aux petits : une main sur l’épaule, un on va y arriver soufflé à mi-voix, l’envie de progresser, pas à pas, ensemble. Parce qu’un enfant en difficulté a plus que jamais besoin de repères, il est précieux de maintenir, autant que possible, un discours commun et une dynamique de coopération, au sein du couple comme auprès des proches.

Deux parents, multiples réactions : surprotection, déni, rejet, culpabilisation


En 2015, Rachel, son mari et leurs trois enfants, s'installent à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Un nouveau départ. Les enfants s’adaptent vite, tout semble aller pour le mieux. Mais la veille de Noël, alors qu’elle est en voiture avec sa fille, l’adolescente de 17 ans lui annonce qu’elle veut mourir. Elle parle d’un vide immense, d’une douleur qu’elle ne supporte plus, convaincue que ce serait mieux comme ça. La maman est sous le choc. Après cette annonce, sa fille change de comportement, elle se scarifie et met du sang partout dans la maison. Deux jours plus tard, un psychiatre la reçoit et lui prescrit des médicaments pour faire passer la crise. Les jours passent, elle rentre à la maison. La crise semble s’éloigner. Puis vient le matin où elle doit retourner au lycée. La jeune femme avale une bouteille d’eau de javel. Dans leur environnement, les troubles psychiques sont encore très tabous, et les structures d’accompagnement manquent. Le couple fait le choix de rentrer en France.

« Quand quelque chose d’aussi dur arrive, le couple passe tout de suite en mode survie, explique Rachel. Avec mon mari, on ne prend pas le temps de parler, on agit. On enchaîne les rendez-vous, on répond aux urgences, on avance sans vraiment réaliser ce qui est en train de nous arriver. Et puis, dès qu’on respire un peu, la culpabilité nous rattrape. On se dit qu’on n’est pas assez présents pour nos autres enfants, qu’on devrait faire mieux, mais on est épuisés. »

Avant d’être hospitalisée dans un centre spécialisé en région parisienne, l’adolescente traverse de violentes crises de colère contre son père. Rachel est métisse, son mari noir, et sa fille, au teint très foncé, rejette cette part d’elle-même. Elle répète qu’elle déteste sa couleur de peau, que sa mère aurait dû choisir un homme blanc. Des mots durs, des attaques directes, comme si en rejetant son père, elle tentait d’effacer une partie de son identité.

« Comme il n’y avait pas de diagnostic à ce moment-là, son papa voyait ça comme un mauvais comportement de sa part et le ton montait très haut, c’était très difficile à vivre, se souvient Rachel. Mais au regard de sa faible appétence pour les sujets de santé mentale, je trouve que mon mari a plutôt bien réagi, il était d’ailleurs présent à tous les rendez-vous. Après, on va pas mentir, c’est une épreuve qui a mis une certaine distance entre ma fille et mon mari. »

Chez Josselin et sa femme, le quotidien s’organise autour de leur deuxième enfant. Une vie de famille en apparence ordinaire, où l’on jongle avec les caprices, les repas à moitié terminés et les histoires du coucher. Pourtant, derrière cette routine, quelque chose cloche. Rien de spectaculaire, pas de crises éclatantes, juste une somme de petits comportements qui, mis bout à bout, compliquent tout. La femme de Josselin l’a senti avant lui. Lui pensait encore à une simple question d’éducation, convaincu que leur fils, du haut de ses trois ans, finirait par s’adapter aux règles avec du temps et de la fermeté. Il était neuroatypique.

« On grandit avec des éducations différentes, et sans vraiment s’en rendre compte, on applique les schémas qu’on a connus, explique Josselin. Moi, j’ai toujours été très attaché au respect, aux règles, à la politesse. Alors, quand mon fils se comportait mal, qu’il répondait ou refusait d’obéir, j’avais le réflexe de serrer la vis, en pensant que ça finirait par rentrer. Et plus il résistait, plus je me braquais. » 

Avant que l’enfant bénéficie d’un accompagnement thérapeutique adapté, Josselin ne comprend pas pourquoi sa compagne est aussi indulgente avec leur fils. Pour lui, elle lui passe trop de choses, l’excuse trop facilement et le protège trop. À l’école, leur fils perturbe la classe, a du mal à se concentrer et reçoit souvent des remarques de la maîtresse. À la maison, il se dispute sans arrêt avec son frère et sa sœur, il peut même être violent, ce qui crée des tensions qui pèsent sur tout le monde. Alors forcément, le couple finit par s’opposer. Josselin et sa femme ne se disputent jamais, sauf quand il s'agit de leur fils. Sur ce sujet, chaque échange devient un terrain glissant, chaque mot peut enflammer l’incompréhension. Peu à peu, ils ont de plus en plus de mal à se rejoindre, comme si l’enfant qui les lie creusait aussi la distance entre eux. Chacun est convaincu d’agir pour le bien de l’enfant : l’un veut protéger, l’autre veut poser des limites.

Un suivi thérapeutique et un diagnostic qui apaisent enfin les tensions

Après plusieurs hospitalisations, le diagnostic finit par tomber : la fille de Rachel est bipolaire. Pour le couple, c’est un soulagement. Mettre enfin un mot sur ce qu’ils traversent depuis si longtemps leur permet de mieux comprendre et d’adapter leur accompagnement. Malgré les épreuves, Rachel et son mari ont réussi à rester soudés. Ils ont toujours tout affronté ensemble, partageant les rendez-vous médicaux, les décisions difficiles et les doutes silencieux. Mais surtout, ils ont su préserver un espace à eux, un lien que rien ne pouvait altérer. Lorsqu’ils ont besoin d’échanger sans que leurs enfants comprennent, ils se parlent dans un dialecte d’une région africaine, que leurs enfants ne maîtrisent pas. Comme un code secret, une bulle à part qui leur permet de se retrouver, même au cœur du tumulte.

Aujourd’hui, leur fille a intégré une école d’art au Havre. Grâce à son traitement, elle est stable, son quotidien est apaisé. Pour Rachel et son mari, après des années à vivre au rythme des souffrances de leur fille, des urgences, ils relâchent enfin la pression. Mais certaines blessures ne s’effacent pas si facilement. « Il a pris cher », nous confie Rachel en parlant de son mari. Bien sûr, le papa a compris que sa fille n’était pas elle-même au moment des crises, que ce n’était pas volontaire, mais une part de lui reste sur ses gardes. Il ne peut pas s’empêcher d’y penser : Et si ça recommençait ? Quand est-ce que ça va encore déraper ? La thérapie familiale leur a permis de mettre des mots sur ce qu’ils traversaient, de mieux comprendre la bipolarité et d’apprendre à ne pas tout prendre pour eux. Petit à petit, ils ont trouvé des repères, dénoué certaines tensions. Rachel, elle, a aussi entrepris un travail en solo avec un psy, pour ne pas se laisser happer entièrement par son rôle de mère, pour exister en dehors de cette responsabilité écrasante. Son mari, en revanche, n’a jamais franchi ce pas. « Je pense qu’il en aurait besoin, mais il ne veut pas », souffle-t-elle.

Pour Josselin, le retour de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées, ndlr), il y a quelques mois, a marqué un véritable tournant. Depuis un an et demi, avec sa femme, ils se battaient pour faire reconnaître que quelque chose n’allait pas avec leur fils, sans vraiment pouvoir mettre de mots dessus. C’était une situation frustrante et éprouvante : ils voyaient bien que leur enfant avait des difficultés, mais sans diagnostic clair, tout restait flou. « J’ai toujours été présent, même si j’étais plus suiveur. J’ai accompagné ma femme chez les médecins, assisté aux rendez-vous, pris l’initiative de consulter un pédopsychiatre. Mais le vrai déclic, c’est ce courrier, reconnaît Josselin. Noir sur blanc, il était écrit que notre fils avait un handicap évalué entre 50 et 70 %, qu’il était neuroatypique. Voir ces mots figés sur un document officiel, ça a tout changé. » Tout ce que sa compagne tente de lui faire comprendre depuis des mois devient une évidence. Leur fils n’est pas simplement ingérable, il n’est pas dans la provocation ou l’opposition volontaire. Le petit ne défie personne. Il fonctionne différemment. Et c’est à lui, en tant que papa, d’adapter sa posture, et non à son fils de rentrer dans un moule qui ne lui correspond pas.

« Quand on a reçu le courrier, on a pleuré. Pas de tristesse, mais de soulagement. C’est peut-être étrange de se réjouir d’un diagnostic qui officialise un handicap, mais pour nous, c’est une reconnaissance. Et ça change tout aussi dans notre couple. Je crois que ma femme a senti qu’à partir de ce moment-là, je devenais vraiment son copilote dans cette bataille, confie-t-il. Je ne suis plus là simplement pour suivre ce qu’elle me dit de faire, mais je comprends ce qu’elle veut et pourquoi. » Bien sûr, tout n’a pas été réglé d’un coup. Il reste des résistances, des réflexes à déconstruire, des réalités difficiles à accepter. Et puis, il y a le regard des autres. Celui qui juge sans comprendre, qui les a longtemps fait passer pour des parents dépassés, incapables de poser des limites. Ce poids-là, Josselin et sa femme l’ont porté en silence, jusqu’à ce qu’ils apprennent à s’en détacher.

Retrouver son partenaire et du temps pour soi


Rachel avoue que ce qu’ils ont traversé avec son mari aurait pu les éloigner, mais d’une certaine manière, cette épreuve a consolidé leur couple. « On n'avait pas d’autre choix, on devait tenir ensemble », explique-t-elle. Pourtant, elle le sait, être à deux ne suffit pas toujours. À certains moments, le couple a eu besoin de soutiens extérieurs, de pouvoir parler avec des amis, de la famille. Parce que porter ça seulement à deux, c’est trop lourd.

Elle reconnaît aussi que l’intimité a été mise à rude épreuve. À certains moments, la question ne se posait même plus. Ce n’était pas une priorité, ce n’était plus un sujet. Ils étaient trop épuisés, trop absorbés par l’urgence du quotidien. Mais avec le temps, en voyant leur fille se stabiliser, c’est revenu. Progressivement, naturellement, ils ont retrouvé un espace pour eux. Un apaisement s’est installé dans la maison, une respiration après des années sous tension. Aujourd’hui, ils peuvent enfin se projeter autrement. Tout ne tourne plus autour de leur fille. Ils prennent enfin du temps pour eux, mais aussi pour leurs deux fils, qui ont souvent dû passer au second plan. « On se dit qu’il faut qu’on s’occupe d’eux, qu’on leur porte plus d’attention », confie Rachel.

De son côté, Josselin prend conscience de la difficulté à préserver une place pour chacun lorsque les troubles psychiques accaparent toute l’attention. L’équilibre est fragile, parfois bancal. Mais leur couple a déjà surmonté d’autres épreuves. Avec le temps, ils ont appris à rester unis, à s’adapter, à puiser dans cette résilience qui, malgré tout, leur permet d’avancer ensemble. « Je pense que si c’était notre premier coup dur, notre couple aurait explosé en vol, reconnaît Josselin. Après, même si on nous dit souvent qu’on est incroyablement solides, et c’est vrai, on n’est jamais à l’abri de rien. »

Cette épreuve leur a une fois de plus rappelé, à lui et à sa compagne, l’importance de ne pas s’oublier. Être parents, oui, mais sans disparaître en tant que couple. « Si on ne fait que tenir le rôle de papa et de maman, on se perd, et c’est comme ça que les couples se séparent. » Alors quand ils le peuvent, ils s’accordent des pauses, comme ce voyage à deux, cinq jours sans les enfants il y a quelques semaines. Un moment pour souffler, se retrouver, rire sans se soucier de l’heure ou des responsabilités. « Si tu ne t’accordes jamais ces espaces, un jour, tu ne te reconnais plus dans les yeux de l’autre. Et nous, on n’a pas envie de ça. » Josselin et sa femme veulent être de bons parents, faire au mieux pour leurs enfants. Mais ils veulent aussi continuer d’exister individuellement, et surtout, rester un couple uni.

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17 mars 2025

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